La COVICI intervient dans 03 domaines principaux :
-La Promotion des droits de l’homme et défense des droits des victimes à la justice et à la réparation des préjudices avec pour mission de porter la voix et défendre les droits à la réparation ;
L’engagement de la COVICI pour les droits de l’homme part de la considération que « La reconnaissance de la dignité et des droits égaux, inaliénables et inhérents à tous les membres de la famille des êtres humains, constitue la base de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde » (Préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’homme).
Le non-respect des droits de l’homme a été une des causes des crises et s’est exacerbé au cours des crises successives qu’a connues la Côte d’Ivoire. En effet, diverses formes de violations des Droits de l’Homme ont été constatées. Des atteintes sérieuses au droit à la vie, les violations du droit à l’intégrité physique et à la torture de la personne humaine, l’atteinte de la liberté à la circulation, les violations au droit à la liberté d’opinion et d’expression, les atteintes au droit de propriété, les violations au droit à la santé et à la liberté religieuse et l’atteinte au droit de réunion pacifique.
Toutes ces violations ont fait de nombreuses victimes pour lesquelles la C.O.VI.C.I, en tant que locomotive des organisations de victimes de Côte d’Ivoire, s’est donnée pour mission de porter la voix et défendre les droits à la réparation et aussi travailler pour le renforcement des institutions en charge de veiller sur la question des droits de l’homme afin ces violation ne se répètent plus. Au moment où la Côte d’ivoire, pour sortir de l’Etat de non droit engendré par la crise, a opté pour la mise en œuvre des mécanismes de Justice Transitionnelle qui intègrent la restauration des droits humains et garantie de non répétition des violations, la participation des organisations de victimes à la promotion de ces valeurs universelles est capitale.
Pour ce faire, la COVICI procède à des campagnes de sensibilisation des victimes et des populations en général, en vue de les former sur leur participation à la définition de leurs droits de leurs libertés, et prendre conscience de leurs devoirs.
L’engagement de la COVICI pour les droits de l’homme va donc du plaidoyer pour la réforme des institutions en charge de veiller sur les droits de l’homme afin de garantir la non répétition de ces graves violations, à la nécessité de veiller au respect du droit des victimes des crises. Pour conduire au mieux sa mission de promotion des droits humains, la COVICI travaille en étroite collaboration avec les organisations nationales et internationales de défense des Droits de l’Homme
-Le renforcement de la cohésion sociale, de la Réconciliation nationale et de la Consolidation de la paix. La COVICI définit la cohésion sociale comme la capacité des ivoiriens à vivre ensemble en parfaite harmonie malgré leurs nombreuses divergences.
La Côte d’Ivoire compte plus de 60 ethnies, une grande diversité religieuse, partagée entre chrétiens, musulmans, et religions endogènes. Ces diversités sont constamment mobilisées par les politiques afin de tirer des dividendes électoralistes. Mais triste est de constater que ces diversités finissent par constituer les raisons d’opposition parfois violente entre les populations. Elles ont été mobilisées lors des crises ivoiriennes par les politiques, mettant à mal le vivre ensemble en Côte d’Ivoire.
Des ethnies, des religions se sont opposées lors des crises. Pour retrouver la quiétude entre les populations malgré leurs diversités, il est important de travailler à la reconstruction de la confiance entre les peuples et à garantir la non répétions de ces oppositions.
A la suite de la longue période de crises ayant engendré de nombreuses victimes et fragilisé le tissu social en Côte d’Ivoire, le Président de la République a insisté sur la nécessité de construire la Paix entre les citoyens ivoiriens. À la rhétorique de la "Réconciliation" qui a accompagné la création d’institution en charge de la Réconciliation comme la CDVR en 2011, s’est graduellement ajouté celle de la "Cohésion sociale" en 2012.
Convaincue donc qu’une société cohésive peut favoriser la réduction des risques de conflits et garantir la non-répétition des violations constatées en Côte d’Ivoire, la COVICI a estimé pertinent de promouvoir la cohésion sociale et faire des victimes des crises survenues, des promoteurs de paix et de cohésion sociale.
A travers des sensibilisations dans les communautés au niveau local, la COVICI œuvre à l’appropriation de la cohésion sociale et à l’acception des diversités de la Côte d’Ivoire afin qu’elles constituent une richesse plutôt qu’un facteur de division.
-Le monitoring du processus de justice transitionnelle et des questions de réparations en particulier ;
La Côte d’Ivoire a opté pour les mécanismes de la Justice Transitionnelle comme moyen de sortir de la crise et réconcilier les ivoiriens.
Pour cela, au lendemain de la crise post-électorale, le gouvernement a mis en place la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation qui était en charge de rechercher la vérité sur les graves violations de droits de l’homme qui ont eu lieu.
Des procédures judiciaires ont également été initiées sur le plan national et international.
Un programme de réparation a été également initié et des reformes pour garantir la non répétition des crimes.
L’ensemble de ces mécanismes continue d’être mis en œuvre dans un contexte difficile et sont confrontés à de nombreux défis, mettant à mal l’efficacité de ces actions. La COVICI s’est donné pour devoir de suivre la mise en œuvre des mécanismes de la Justice Transitionnelle et d’alerter l’Etat sur les défis qui subsistent.
Elle a, à cet effet, publié plusieurs rapports de monitoring sur les différentes étapes de la mise en œuvre des mécanismes de la Justice Transitionnelle depuis 2013.
Ce suivi et évaluation de la Justice Transitionnelle par la COVICI est mis en œuvre avec l’appui technique et financier de plusieurs partenaires dont le Centre International pour la Justice Transitionnelle (ICTJ), l’Union Européenne (Liane2), l’African Transitional Justice Legacy Fund (ATJLF), l’Open Society Fund (OSF) etc.